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(Extrait
des mémoires de Frédéric HUAULT)
Quelques mois plus tard en octobre 1906, un orage grondait au loin à
l'heure du dîner. Cet orage m'impressionnait et m'empêchait de dîner.
Après le dîner nous nous couchions. Odette était à Paris. Vers 10 heures
et demi l'orage était sur la ville et faisait rage, quand soudain Maria
notre vieille bonne, dans la chambre de laquelle couchait André se
précipitait dans la nôtre, nous disant que le feu était au-dessus de nous
dans l'usine. En effet une grande partie des fenêtres de l'atelier
crachaient déjà des flammes. Quelques personnes nous dirent plus tard
qu'elles avait vu la foudre tomber sur l'usine.
Nous
commencions à entendre éclater les tuiles et les morceaux tomber dans le
jardin. Ma femme, ma belle-soeur Marthe, et ma belle-mère se sauvèrent en
chemise de nuit. J'enfilais une culotte et sortait avec l'un de mes
enfants, Maria emportant l'autre.
Le sinistre
prit de telles proportions en quelques minutes, qu'il me fut impossible
d'aller délivrer mon pauvre chien de chasse et à plus forte raison de
chercher à sauver quoi que ce soit......
Dans notre cas
le désastre était encore plus grand, nos appartements étaient au-dessous
de l'usine, ils étaient anéantis sans possibilité du moindre sauvetage.
(L'usine
étaient construite à flanc du coteau St Roch, son rez-de-chaussée au
niveau de la rue, tandis que les appartements débouchaient sur le jardin
en pente A.H.)
En plus du dénuement matériel c'était la disparition
de tous les souvenirs de famille et cela ne peut se payer. |