François ANGELIAUME
né le 31 juillet 1753
Jardinier au Château de Rivière

Marié à Marie DESNOYERS
Née en 1749

(Extrait des mémoires de Fortuné VIAU de 1708 à1852)

     Mon grand'père François ANGELIAUME  avait trente ans, comme ma grand'mère ( ? YH) quand ils se marièrent. Il était jardinier. Je l'ai connu, j'avais cinq ans quand il mourut. C'était un beau vieillard, d'une sérénité inaltérable, lent dans ses mouvements mais toujours occupé; il avait des cheveux bouclés, un peu longs et taillés comme au temps de LOUIS XII et à-peine gris.
     Un Dimanche que j'étais à l'église avec lui, je le comparais avec d'autres anciens comme lui, je le trouvais le plus beau, et tous étaient polis et affectueux à son égard. C'est qu'il avait soixante-dix ans d'une vie irréprochable, qu'il était toute bonté. Ma mère ne l'a jamais vu en colère une seule fois. Pourtant il s'emporta un jour contre elle, elle piétinait ses plates-bandes, il lui avait déjà dit dix fois "vas-t'en de là", impatienté il lui dit: "saprée drôlière, t'en iras-tu?"  et il lui lança son chapeau aux jambes, mais doucement. Ma mère le regarda surprise, effrayée et tomba presque pâmée. Jamais il n'avait eu pour elle que des paroles caressantes , elle pouvait avoir sept ans . Jamais, depuis, il n'a eu un mouvement de vivacité contre elle.

    Mon grand'père n'eut que deux enfants qui vécurent : un fils et ma mère. Ma mère était plus jeune de deux ans. Le fils (5) (François Angeliaume A.H.) ne tenait guère de son père, il était brillant, plein d'entrain et de malice, rageur, se mêlant de toutes les querelles et s'en emparant. Plus tard il se corrigea, quand ma mère eut un fils, il l'exhortait à lui inspirer la modération et les vertus qui lui avaient manqué. Mais hélas ce pauvre oncle n'a pas eu la satisfaction de vivre longtemps dans ces beaux sentiments, il est mort comme tant d'autres pour ce que la sottise humaine appelle la Gloire de l'Empire : un boulet le coupa en deux, le matin du jour de la bataille d'Austerlitz.